Dans les années ’90, José Pérard n’était autre que le menuisier du village. Mais, à l’époque déjà, il croyait à la place du bois dans la construction. Aujourd’hui, le métier a bien évolué et c’est désormais son fils, Raphaël, qui a pris en main la destinée de l’entreprise familiale, « La Maison de Demain », lancée en 2004 pour répondre à une demande croissante de bâtiments en bois…
Une première maison en bois
La première maison en bois de cet outil ardennais a été construite fin des années ’90. L’entreprise était alors « forte » d’une équipe de trois ouvriers et trois personnes au bureau. Raphaël se souvient : « Quand mon père a construit cette première maison, elle était de type canadienne, à ossature bois. Mais, en 2001, nous avons découvert le CLT, abréviation de « cross laminate timber », un système de planches collées et croisées, une multicouche de 3, 5 ou 7 planches permettant de réaliser des panneaux pour les murs, les
planchers, les toitures… »
Une solution révolutionnaire…
Une approche qui va vite devenir l’élément structurel de la construction, à même de remplacer les blocs en béton, les hourdis… « À partir de 2001, nous avons opté pour ce type de construction. Maintenant, il a fallu convaincre. Concrètement, il a fallu une dizaine d’années pour faire connaître cette technique auprès des architectes et des clients. Elaborée et mise au point par des Autrichiens, elle était pourtant révolutionnaire. D’où notre présence assidue sur de nombreux salons, comme « Bois & Habitat », Batibouw ou Batimoi…
Reprise familiale
« Par la suite, j’ai repris l’entreprise à 100 %, mais nous étions en pleine période Covid. Nous ne savions pas ce qui allait se passer, bien que tout soit planifié. Nous avons donc suivi nos plans. Dès 2020, quand mon père a pris sa retraite, nous avons construit des maisons unifamiliales, des écoles, des crèches, et plusieurs bâtiments publics… Nous avons par exemple réalisé deux immeubles à Liège. »
Beaucoup plus loin
Et les années ont passé… Si « La Maison de Demain » reste une entreprise générale de construction, basée à Carlsbourg et proposant aussi bien du gros-oeuvre fermé que du clé en main, elle va aujourd’hui beaucoup plus loin. Et pas seulement en terme de rayon d’action. Comme l’explique Raphaël : « Actuellement, nous réalisons un gros chantier aux Pays-Bas pour l’asile et l’immigration : 60 maisons et un bâtiment destiné à l’administration et l’éducation. Nous avons toujours recours au même principe de construction tout
en nous orientant aussi vers la recherche et l’élaboration des détails constructifs. Le gros de notre travail s’effectue davantage dans nos bureaux. D’autant que, dans le cas de ce projet aux Pays-Bas, il existe une volonté de le démonter dans dix ans. »
Standardiser et préfabriquer
« La tendance, dans notre métier, nous pousse vers plus de préfabrication. Le marché est compliqué parce que les budgets suivent difficilement et que les contraintes sont de plus en plus élevées. Il est donc impératif de s’orienter vers des solutions de standardisation. Aux Pays-Bas, ils sont en avance en la matière pour limiter le travail sur site. Pour citer un exemple, celui qui fait la technique spéciale électricité nous envoie ses plans 3D en BIM et nous les intégrons dans notre projet. Pour diminuer les coûts, une certaine standardisation s’impose. La Flandre s’inscrit déjà elle aussi dans cette dynamique. »
Expertise et modélisation 3D
De constructeur de maisons en bois à la base, « La Maison de Demain » a suivi les évolutions pour se spécialiser dans l’expertise et la modélisation 3D. Le plus gros du travail consiste désormais à faire la conception et le dessin en essayant d’anticiper au mieux tout ce qui
peut se passer sur le chantier et aider au maximum l’électricien ou le placeur de châssis… Les métiers changent ! Et, comme le précise Raphaël, pour conclure : « Aujourd’hui tout doit aller vite et les chantiers durer le moins longtemps possible ».
Plus d'infos
La Maison de demain SRL
Rue de Vivy, 33 à Carlsbourg
Tél. : 061 53 39 62
lamaisondedemain.be


